20 December 2013

Les analystes votent massivement en faveur des actions pour l'année 2014 

Group CIO Stefan Van Geyt asserts in L’Echo that company results are about to return to growth in 2014 in an article that makes the case that European stocks are undervalued compared to US stocks.

Le passé ne présage pas forcément de l'avenir. Il reste que si les estimations établies par les prévisionnistes pour les marchés en 2014 devaient se concrétiser, comme celles faites il y a un an pour 2013, cela promet de beaux jours pour les investisseurs.

Jugeons-en: l'an passé, ces experts de la gestion avaient dit tabler sur une hausse moyenne de 11% du Stoxx 600 en 2013, à 311 points. Cet indice, qui est monté de 14%, se situe actuellement à 319 points. Pour le Bel 20, le pronostic était de 2.714 points. L'indice belge a fini la séance de jeudi à 2.839 points. Le Brent, ils le voyaient à 108,5 USD le baril. Il cote aujourd'hui 110,3 USD. Il n'y a finalement que sur l'euro et l'or, qu'ils ont fait fausse route. Ils tablaient sur un euro à 1,23 USD et une once d'or à 1.753 USD. Contre respectivement 1,37 USD et 1.200 USD à ce jour.M. C.

2014 sera encore une année favorable pour les actions. Celles de la zone euro en premier.

Analystes et Stratégistes disent ne pas craindre une bulle sur les marchés d'actions. Ni une réduction de la politique de soutien financier de la Fed à son économie.

Le principal catalyseur des Bourses sera la croissance effective des bénéfices des entreprises.

Une hausse de 25% pour l'indice S&P 500 de la Bourse de New York cette année. De près de 15% pour le Dow Jones Stoxx 600 en Europe. Le millésime 2013 restera bien coté dans la mémoire des investisseurs en actions. Celles-ci auront été la classe d'actifs qui a le mieux performé sur les marchés.

Plébiscite massif des actions

Cela fait peu de doutes dans le monde de la gestion financière: la fête n'est pas près d'être finie. "On devrait en effet poursuivre sur cette tendance en 2014", prétend Christophe Donay, responsable de l'allocation d'actifs à la banque suisse Pictet. "Les actions devraient être la classe d'actifs qui surperformera." Le gestionnaire suisse est loin d'être le seul à avancer une telle perspective. Les prévisionnistes qui se sont exprimés ces dernières semaines sont quasi unanimes pour s'accorder sur ce point.

Pas de bulle en vue

Doit-on dès lors, à l'instar de l'économiste américain Robert Shiller, craindre l'apparition prochaine d'une bulle sur les marchés des actions? À Wall Street, le P/E (rapport cours/bénéfice) de l'indice S&P 500 est de 16,2 actuellement, et celui de l'indice DJ Stoxx 600 de 14,5.

"C'est vrai, argumente Christophe Donay, que sur une base historique, les marchés ne sont plus vraiment bon marché. Mais ils ne sont pas encore trop chers, tout en reconnaissant qu'ils ne peuvent continuer à monter indéfiniment sans de nouveaux catalyseurs". "Certains segments du marché américain sont marqués dès à présent par des comportements spéculatifs", observe de son côté Philippe Huzan, directeur de gestion auprès d'Edmond de Rothschild Asset Management. "Mais, dit-il, la référence à 1999-2000 paraît surfaite. À l'époque c'était toute l'économie qui donnait des signes de surchauffe manifeste". Responsable de l'investissement auprès de Petercam Securities, Jérôme van der Bruggen surenchérit, en indiquant que "les marchés d'actions ont fortement progressé cette année. Mais ils ne me semblent pas encore trop chers pour le moment". Soulignant le retard pris par les actions sur les autres actifs financiers, Thierry Masset, responsable de l'investissement chez ING Belgique, explique, lui, que "les actions commencent seulement à se remettre de l'une des plus longues périodes de sous-performance de ces 100 dernières années".

De toute évidence, stratégistes et analystes ne partagent pas les craintes de Robert Shiller. Et ils ne manquent pas d'arguments en faveur des actions. Chez Belfius, le stratégiste Patrick Vandenhaute est d'avis que "la quête de rendement et de croissance joue toujours en faveur des classes d'actifs à risque, et en particulier les actions", tandis que pour les gestionnaires de Carmignac, "la conjonction d'une reprise modérée, d'une inflation faible et d'injection de liquidité toujours significatives continue de justifier une forte exposition aux actions".

Une politique monétaire toujours souple

À ceux qui craignent le retrait du soutien financier de la Fed à son économie, Donay répond que cela n'empêchera pas "la liquidité d'être plus abondante que ce que la croissance nécessitera".

 

Chez AXA IM, Maxime Alimi s'inquiète par contre de l'offre insuffisante de crédits de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais il ose croire que la Banque centrale européenne trouvera une parade à ce souci. "Elle pourrait mettre sur pied un LTRO conditionnel destiné à procurer des liquidités aux banques, mais aussi un 'funding for lending' consacré uniquement à des prêts au secteur privé, en procédant à des achats d'ABS adossés aux PME. Enfin, on ne peut écarter l'idée qu'elle effectue des achats de titres périphériques au cas où les taux devraient monter".

La zone euro, the place to be

Les actions auront donc la cote en 2014. Et celles cotées dans la zone euro tiennent cette fois la corde. Là encore, stratégistes et analystes partagent ce point de vue. Au motif que leur valorisation est moins élevée qu'aux Etats-Unis. Mais aussi pour la raison, avance Stefan Van Geyt, responsable de l'investissement au sein de de KBL European Private Bankers (Luxembourg), que "les résultats de sociétés sont sur le point de retrouver le chemin de la croissance après des années de dégradation". Les stratégistes suivis par Bloomberg voient le Stoxx 600 achever 2014 entre 360 et 375 points contre 318 aujourd'hui.

Pour Maxime Alimi (AXA), "cela peut paraître paradoxal: le monde ira un peu mieux l'an prochain grâce aux Etats-Unis, où la croissance (+ 3%) s'accélérera. Mais la classe d'actifs qui se portera le mieux, ce sera les actions de la zone euro. Le retour à la croissance en Europe (+ 1%) après deux années de récession, alimentera une accélération des profits des sociétés européennes. Par contre, celles cotées outre-Atlantique connaîtront une moindre croissance".

Les prévisions médianes font ressortir une progression de 13% pour les profits en Europe, et de 10% aux Etats-Unis. "La deuxième phase du rally boursier devrait se concentrer sur la reprise des profits", dit encore Thierry Masset (ING).

Outre les actions de la zone euro, celles cotées au Japon sont également jugées attrayantes, ainsi que celles sur certains marchés émergents "dont les fondamentaux restent solides", justifie Vincent Juvyns, stratégiste auprès de JP Morgan.

Les facteurs de risque

L'enthousiasme des stratégistes pour les actions en 2014 ne signifie pas que les marchés évolueront dans un environnement sans risque. Vice-président de BNP Paribas Investment Partners, William De Vijlder pointe notamment la possibilité pour les Etats-Unis de connaître "une économie étonnamment solide" qui contraindrait la Fed à être moins accommodante. De même que le risque d'un retour de la crise dans la zone euro, de l'apparition de craintes déflationnistes sur le Vieux Continent, ou encore d'une conjoncture défavorable en Chine.

Tout changement de politique monétaire favorise d'ordinaire une période d'incertitude sur les marchés. A court terme, ceux-ci pourraient de ce fait afficher de la volatilité et être l'objet de prises de bénéfice, alors que la Fed vient d'aborder un nouveau virage dans sa politique monétaire. "Une correction des marchés constituerait toutefois une opportunité", estime Christophe Donay (Pictet). Pour Jérôme van der Bruggen (Petercam), "le changement de cap de la Fed pèsera bien sur les valorisations des actions dans le monde entier, mais la combinaison entre croissance bénéficiaire et rendement sur dividende aura le dessus".

Fin de l'âge d'or des obligations

Après 3 décennies de baisse des taux, au cours desquelles les obligations ont offert un return moyen de 10% par an, cette classe d'actifs est sur le point de perdre son statut de valeur de sécurité. Les taux américains à long terme sont appelés à remonter, pour trouver un niveau plus en phase avec la croissance du pays, entrevoit Christophe Donay (Pictet). La Fed fera en sorte toutefois que cette remontée ne sera pas brutale, afin de ne pas casser la reprise.

La rentabilité des obligations américaines devrait baisser, donnant à penser que "cet actif financier ne constituera plus une valeur refuge", note Donay. "Il s'agit d'un changement de paradigme, qui devrait aussi aider les investisseurs à se diriger vers les actions et justifierait une expansion des P/E (cours/bénéfice) en 2014, comme en 2013, des Bourses". Ceci est valable pour les obligations souveraines américaines, mais aussi européennes. Pour autant, précise Christophe Donay, il n'y a pas lieu de se détourner totalement de cette classe d'actifs. Elle pourrait servir à amortir les éventuels coups durs qu'encaisseraient les marchés d'actions à l'avenir.

"En raison de l'extrême faiblesse de l'inflation et de la volonté des Banques centrales de tout faire pour éviter une hausse trop brutale des taux", Jérôme van der Bruggen (Petercam) estime que "le risque de taux pour les obligations est limité".

-L'Echo