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Business

15 juillet 2015

Croissance improductive 

George Osborne, le Ministre des finances britannique, vient de publier un plan stratégique pour améliorer la croissance moyenne annuelle de la productivité au Royaume-Uni. Celle-ci ne dépasse guère 2 %, soit moins que presque toutes les autres nations développées. À titre d'exemple, augmenter la croissance de la productivité au niveau de celle des États-Unis pourrait augmenter le PIB national de 31 %, soit l'équivalent de 21 000 livres sterling pour chaque foyer au Royaume-Uni.

De nombreuses théories tentent d’expliquer les raisons pour lesquelles le Royaume-Uni se fait ainsi distancer, mais personne ne le conteste. Selon la Banque d'Angleterre, le Royaume-Uni se situe en queue d'un groupe de pays où l'on retrouve aussi la Norvège, la France, l'Allemagne, les États-Unis, l'Espagne et l'Italie. L'Espagne occupe la tête du peloton, devant les États-Unis et la France en troisième position.

Des raisons particulières semblent expliquer les mauvaises performances du Royaume-Uni. Sous l'influence de la mondialisation, un certain nombre des secteurs clés britanniques (manufacture, finance, services aux entreprises et professionnels, ICT) ont connu une très forte croissance de leur productivité au cours des années 1990.

Ces secteurs ont également été les premiers à cueillir les fruits de la révolution de la communication sur l'Internet et mobile qui a débuté à cette époque-là. Depuis, le secteur de la finance (qui représente un pan important de l'économie du Royaume-Uni) a cependant vu sa productivité gênée par les nouvelles réglementations imposées suite à la crise de 2008-09.

Le secteur public britannique semble, par ailleurs, freiner la productivité, alors même que des pays possédant une fonction publique beaucoup plus importante, comme la France, présentent une productivité plus élevée. Des preuves semblent démontrer que, loin d'augmenter l'efficacité du secteur public, les économies budgétaires ont en réalité rendu ce dernier moins productif.

L'expérience du Royaume-Uni montre toute la complexité du puzzle de la productivité. En théorie, un taux d'emploi élevé et une économie concurrentielle devraient améliorer la productivité, comme c'est le cas aux États-Unis. L'argument ne tient cependant pas au Royaume-Uni. De même, un nombre élevé de jours fériés et de congés, ainsi qu’un taux de chômage important devraient théoriquement être synonymes de faible productivité, mais la France démontre le contraire. Il reste à savoir si le plan de productivité proposé par M. Osborne pourra résoudre l'énigme.