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Business

18 novembre 2013

Le salaire des cadres en question 

Une large majorité de Suisses vient de rejeter la consultation populaire visant à limiter la rémunération des cadres à 12 fois le salaire de l'employé le moins payé d'une entreprise. À l’origine, l'idée était simple : personne, dans une entreprise, ne devrait gagner, en un mois, une somme supérieure à ce que perçoit, en une année, le travailleur le moins bien payé.

Alors qu’ils avaient exprimé leur indignation à l’égard de certaines rémunérations exorbitantes lors des sondages, les Suisses ont finalement décidé de ne pas laisser le gouvernement déterminer les niveaux de salaire. Soixante-cinq pour cent des électeurs ayant participé au référendum du 24 novembre ont rejeté la proposition.

Les partisans de l'initiative avaient pourtant été encouragés par l’adoption, en début d’année, d’une loi qui donnait aux actionnaires davantage de poids dans la fixation de la rémunération des entreprises. Quant au CEO de Novartis, qui avait exigé une indemnité de départ de 78 millions de dollars, il avait finalement dû faire marche arrière après avoir été fortement critiqué par l’opinion publique.

Tenter d'imposer des limites externes aux salaires des cadres n’en constitue pas moins un défi. Leur indemnisation peut leur être versée sous forme d’actions, stock-options, numéraire, cotisations de retraite ou toute autre formule estimée valable par le conseil d'administration d'une entreprise.

On peut aussi examiner la conséquence d'une autre approche destinée à juguler les salaires des cadres : la publication des chiffres. Des études réalisées en Allemagne, aux États-Unis et dans d'autres pays ont démontré que la publication du salaire des cadres avait finalement provoqué une augmentation plutôt qu'une diminution de leur rétribution.

En effet, il s'est avéré que les administrateurs sont peu enclins à verser une moindre somme à leurs propres dirigeants lorsqu'ils savent exactement ce que le CEO de leurs concurrents gagne. Il est vrai que Steve Jobs touchait un « salaire » de 1 dollar par an chez Apple (auquel il faut ajouter quelques centaines de millions en actions dont le cours était à la hausse) alors que les ventes de l'entreprise grimpaient en flèche. Mais tous les CEO ne lui emboîteront pas forcément le pas.