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Business

03 juin 2014

Rachats transatlantiques 

Les offres de rachat par des groupes américains d'un géant pharmaceutique britannique et d'un fournisseur d'énergie français illustrent bien la complexité politique et réglementaire des transactions transatlantiques, en particulier quand les entreprises visées sont considérées comme faisant partie du patrimoine national. Néanmoins, le résultat peut parfois bousculer les stéréotypes.

Le mois dernier, le géant pharmaceutique américain Pfizer a vu son offre définitive de rachat d'AstraZeneca, un rival plus petit, rejetée par le conseil d'administration de la société britannique. AstraZeneca a estimé que, grâce aux médicaments sur la mise au point desquels elle planche actuellement, l'entreprise valait beaucoup plus que ce que Pfizer en offrait.

Les règles d'acquisition en vigueur au Royaume-Uni disposent que l'offre de Pfizer devait être « à prendre ou à laisser » et complétée d'un délai prescrit, ce qui a compliqué les négociations en vue d'une transaction qui aurait répondu aux attentes tant des entreprises que de leurs actionnaires.

Ian Read, le CEO de Pfizer, avait, de son côté, argumenté que les règles étaient trop complexes et bureaucratiques, même s'il avait fini par conclure que l'affaire avait capoté en raison d'un désaccord sur la valeur potentielle des médicaments en cours de développement chez AstraZeneca.

Pendant ce temps, le gouvernement français est impliqué de près dans la proposition du conglomérat américain General Electric, qui souhaite racheter l'entreprise énergétique Alstom, une des fiertés industrielles de l'Hexagone.

Si dans un premier temps, le gouvernement avait incité l'Allemand Siemens à formuler une alternative plus « européenne », Jeffrey Immelt, le CEO de GE, a pris l'initiative inhabituelle de s'adresser directement à l'Assemblée Nationale, tentant de rassurer les législateurs en leur expliquant que la transaction comporterait autant d'avantages pour la France que pour GE.

L'initiative semble avoir fait fondre une partie de l'opposition affichée par les dirigeants français. Même si rien n'est encore fait, il serait prématuré de conclure que la France fera  automatiquement prévaloir le prestige national ou européen aux dépens du bon sens économique.

Dans tous les pays, responsables gouvernementaux et dirigeants d'entreprise sont souvent tentés de traiter les acheteurs étrangers potentiels en « envahisseurs », mais les fusions internationales peuvent aussi être des forces civilisatrices et des générateurs d'innovation (et d'emplois) dans un monde de plus en plus globalisé.