Cookies sur le site KBL

Afin d’améliorer notre site Internet, nous utilisons les cookies Google Analytics. Ces fragments de données placés sur votre navigateur nous montrent certaines de vos activités sur notre site (comme les pages que vous avez consultées, etc.) et nous permettent d"évaluer l"audience du site. Pour de plus amples informations, consultez notre Politique de protection des données du site Internet.

Business

09 octobre 2015

Une recette à problèmes 

La Belgique, qui abrite plus 5 000 friteries, produit chaque année 3,2 millions de tonnes de frites, soit plus que n’importe quel autre pays au monde.

Si les Anglais préfèrent déguster leurs frites assaisonnées de vinaigre et les Américains de ketchup, aucun Belge digne de ce nom ne se risquerait à manger un cornet de frites sans mayonnaise. Là réside la principale source d’un conflit actuel qui oppose les producteurs de mayonnaise belge d’un côté, et le gouvernement de l’autre.

Au Royaume de Belgique, on ne plaisante pas avec la mayonnaise : sa recette a été fixée par un arrêté royal en 1955 et doit contenir 80 % de matière grasse et 7,5 % de jaune d’œuf.

Cependant, et c’est là que la mayonnaise monte, les producteurs européens sont autorisés à produire de la mayonnaise composée de seulement 70 % de matière grasse et 5 % de jaune d’œuf.

Dans un contexte de libre circulation des marchandises, la réglementation belge n’interdit pas la vente domestique de mayonnaise « étrangère ».

Par rapport à la sauce belge, la mayonnaise européenne coûte moins cher à produire, ce qui est nuisible aux producteurs nationaux. Cette mayonnaise étrangère, plus légère, attire également plus de consommateurs soucieux de garder la ligne.

Étant donné que les Belges consomment l’équivalent de 1,1 milliard d’euros de mayonnaise par an, on comprend mieux pourquoi l’industrie nationale demande au gouvernement de pouvoir abandonner l’arrêté royal et s’aligner sur la recette européenne.

Les associations de consommateurs semblent divisées sur la question : si certains saluent l’arrivée d’un produit (relativement) meilleur pour la santé, d’autres s’inquiètent des conséquences qu’aurait l’ajout de conservateurs et autres éléments chimiques sur la qualité du produit.

Toutefois, les traditionnalistes rejettent catégoriquement tout processus de dilution de leur mayonnaise.

Au même titre que Tintin, Jacques Brel ou encore Stromae, la mayonnaise, sans exagération, fait partie intégrante de l’identité nationale belge. Et lorsqu’il s’agit de réformer la « loi mayonnaise », le gouvernement marche sur des œufs. 

L’année dernière, quand des activistes anti-austérité ont cherché à humilier le gouvernement en place, ils n’ont pas utilisé la traditionnelle tarte à la crème : au lieu de cela, le Premier ministre a été victime d’un attentat mayo-frites.