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Culture

25 novembre 2013

Jackson Pollock et l'analyse scientifique 

Parfois appelé « Jack the Dripper », Jackson Pollock est à l’origine de l’un des plus longs débats au sujet de l'authenticité de l'art moderne. Cette polémique a également remis en cause la suprématie des experts en art qui prétendaient « connaître » intuitivement le style d'un artiste.

Jackson Pollock, l'expressionniste abstrait qui contribua à révolutionner l'art moderne au milieu du XXe siècle, trouva la mort en 1956 dans un accident de voiture. Ruth Krigman, sa maîtresse, affirma alors qu'il avait créé pour elle, quelques semaines avant sa mort, une œuvre que l'on allait bientôt appeler « Red, Black and Silver ». L'authenticité de la toile allait être au centre d’une controverse pendant plusieurs décennies.

La fondation de Lee Krasner, l'épouse de Pollack, affirmait que la toile était un original sur la base d'analyses scientifiques qui avaient mis en évidence une similitude entre la peinture utilisée sur « Red, Black and Silver » et des coulées retrouvées sur une paire de chaussures ayant appartenu à Pollock. Autre indice concluant : une trace de poil d'ours polaire avait été retrouvée dans la toile, coïncidant justement avec la présence d’un tapis en ours polaire dans la maison de Pollock en 1956.

 Cela ne prouvait cependant pas que Pollock avait lui-même réalisé la peinture. Au moins un des experts faisant autorité insista sur le fait que Pollock n'avait jamais utilisé le style de peinture de « Red, Black and Silver ». Même si l'expert médico-légal engagé, un ancien enquêteur de la police, déclarait avoir envoyé des gens en prison sur la base d'indices matériels moins probants que les poils d'ours polaire, l'expert restait dubitatif.

Ces avis divergents n'auraient eu aucune importance si la provenance de l'œuvre avait été attestée par un document sur lequel figurent toutes les personnes à qui la toile a appartenu depuis sa création. La provenance constitue, en effet, la base du marché de l'art. Sans elle, il devient nécessaire de faire appel à des experts pour déterminer l'authenticité d'une pièce.

D'énormes sommes dépendent d'un constat d'expert. Si une peinture « attribuée » à Pollock peut valoir quelque 50 000 dollars, une œuvre authentifiée peut se vendre à plus de 1 million de dollars.

Pour les collectionneurs d'art, la question se résume à savoir qui est le plus avisé : le scientifique ou l'expert. La réponse pourrait, néanmoins, ne jamais satisfaire tout le monde.