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Culture

18 mars 2015

Langues suisses 

Les pays multilingues, comme l'Espagne, le Canada ou la Belgique, connaissent souvent des tensions relatives à la coexistence de leurs différentes langues, en particulier lorsque le problème de l'identité régionale vient se greffer sur la question. En Suisse, les lignes de fracture sont moins prononcées mais peuvent être plus complexes encore, car le pays compte ne pas moins de quatre langues officielles.

En plus de l'allemand, du français et de l'italien, on y parle également le romanche, une langue romane parlée par quelque 60 000 locuteurs réguliers, principalement dans le canton des Grisons, au sud-est du pays. Dérivé du latin, le romanche a aussi emprunté des mots aux langues celtiques et rhétiques jadis parlées dans la région, et est aujourd’hui fortement influencé par la grammaire et le vocabulaire allemands.

Le romanche est un facteur qui vient compliquer la donne. D’aucuns souhaitent en effet que les enfants suisses apprennent une deuxième langue nationale à partir de la cinquième année d'enseignement primaire en plus d'une langue étrangère, qui est généralement l'anglais. Selon le ministre de l'intérieur, Alain Berset, cette mesure devrait aider à renforcer la cohésion nationale, mais le gouvernement fédéral ne peut pas imposer aux cantons la deuxième ou la troisième langue enseignées dans leurs écoles.

Aujourd'hui, l'allemand est la première langue non natale enseignée en Suisse francophone, tandis que le Tessin italophone opte pour le français. Dans les Grisons, un canton limitrophe de l'Italie, de l'Autriche et du Liechtenstein et qui possède déjà trois langues officielles, les enfants peuvent choisir entre l'allemand, l'italien et le romanche.

Certains hommes politiques, en particulier dans la partie germanophone de la confédération, souhaiteraient abandonner l'apprentissage du français dans les écoles primaires au profit de l'anglais. Mais l'idée que les enfants de différentes régions de Suisse devraient apprendre leurs langues respectives fait toujours beaucoup d'adeptes. Au début du mois, les électeurs du canton de Nidwald, situé dans le centre du pays, ont fermement rejeté une proposition visant à réduire à une le nombre de langues supplémentaires obligatoires, maintenant de fait le français au programme.