Culture

09 décembre 2013

« Mr. Turner », de Cannes aux salles de vente ? 

Après avoir fait couler beaucoup d'encre lors du dernier Festival de Cannes, « Mr. Turner », un film consacré à l'un des plus grands peintres anglais, suscite à présent des spéculations quant à son impact potentiel sur la valeur marchande des tableaux du maître.

Dirigé par Mike Leigh, « Mr. Turner » retrace les vingt-cinq dernières années de la vie de Joseph Mallord William Turner, le peintre de la lumière qui captura la sérénité et la dramaturgie de paysages de l'Angleterre au Luxembourg, à Rome et au-delà.

Même si les tableaux de Turner ont leurs mérites propres, le peintre a également inspiré des générations d'artistes après sa mort en 1851. C'est pendant son enfance, dans les années 1780, que Turner commença à peindre. Alors que ses premières œuvres étaient empreintes d'une technique classique, son travail ultérieur prépara le terrain pour les Impressionnistes de la fin du XIXe siècle.

Le film de Leigh, qui a valu le Prix d'interprétation masculine à Timothy Spall à Cannes, insiste plutôt sur l'homme derrière le peintre en narrant ses excentricités et ses relations personnelles. Critiques et public ont encensé le film.

Parmi celles des artistes de ces deux siècles, l’œuvre de Turner compte parmi les plus importantes. Ses huiles, aquarelles et gravures se comptent par milliers, ce qui explique qu’un tableau portant sa signature n'est pas aussi rare qu'un Van Gogh, par exemple.

Toutefois, les spécialistes se demandent aujourd’hui dans quelle mesure le film va affecter la valeur de ses tableaux lors des ventes aux enchères. Le record atteint par un Turner remonte à 2010, lorsque le Getty Museum de Los Angeles a acheté « Modern Rome-Campo Vaccino » pour la somme de 29,7 millions de livres sterling.

Les prix des objets d'art vendus aux enchères ont augmenté de plus de 80 % au Royaume-Uni entre 2009 et 2013 et de nouveaux records tombent chaque semaine. Autant dire que la prochaine œuvre majeure de Turner mise en vente devrait faire les gros titres et que son prix pourrait être influencé par le film.