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Culture

16 mars 2016

Un marché de l'art plus sage 

La faiblesse économique de la Chine, ainsi que la plongée des prix du pétrole et d'autres produits de base font des victimes inattendues. Prospère il n'y a pas si longtemps encore, le marché de l'art enregistre en effet un recul sensible depuis que les acheteurs chinois et russes sont obligés de se serrer la ceinture.

Le dernier rapport provenant de la European Fine Art Fair (TEFAF), qui a ouvert ses portes à Maastricht la semaine dernière, montre que, bien qu’elle n’ait pas vraiment éclaté, la bulle des arts se dégonfle lentement. En 2015, le marché global, comprenant les ventes aux enchères et les ventes chez les marchands d’art, s'est rétréci de 7 % à 63,8 milliards de dollars, et un grand nombre d'analystes prévoient une poursuite de la baisse cette année.

Une partie du problème se situe en Chine, qui constituait précédemment un pivot du marché de l'art et où les ventes ont diminué de 23 % l'année dernière. Dans son rapport, l'économiste des arts Clare McAndrew explique que la chasse à la corruption a également mis un frein au luxe ostentatoire. Les acheteurs brésiliens et russes ont aussi perdu de leur superbe depuis que leurs économies, basées sur les matières premières, ont été frappées par la récession. Enfin, la situation n'est guère plus brillante sur des marchés plus dynamiques comme le Royaume-Uni, où l'on a enregistré un recul de 9 %.

La conjoncture a entraîné une diminution du volume des ventes chez Christie’s et Sotheby’s. Les enchères organisées par les deux groupes en février ont totalisé 210 millions de dollars en œuvres d'art, soit une dégringolade de 45% par rapport aux 381 millions réalisés un an plus tôt. Les deux prestigieuses maisons de ventes aux enchères avaient déjà signalé une légère baisse de leurs chiffres d'affaires pour 2015.

Les œuvres d'art célèbres également se négocient moins cher. Le tableau « Tête de Femme » de Picasso a par exemple changé de propriétaire pour 18,9 millions de livres sterling chez Sotheby’s, alors qu'il avait été vendu 28 millions en 2013. 

Les experts expliquent que l'affaissement du marché de l'art aura deux conséquences. D'abord, il se vendra moins d'œuvres, puisque leurs propriétaires préféreront attendre que le marché rebondisse. Deuxièmement, les artistes moins connus, dont les prix ont tendance à fluctuer, pourraient enregistrer une perte de popularité importante. La période pourrait par contre être une aubaine pour ceux qui cherchent les bonnes affaires.