04 février 2015
Les lendemains menacent de déchanter, en particulier pour les exportateurs. Alors que les multinationales sont en mesure de minimiser les risques liés à une flambée monétaire, par exemple en réduisant les prix des intrants, voire en délocalisant des fonctions, les petites entreprises n'ont en général pas cette possibilité. Les fabricants de montres affirment déjà payer la décision du gouvernement suisse, car leurs ventes ont ralenti et des commandes ont été annulées.
Par exemple, près de deux tiers des membres de Swissmen, qui représente les entreprises des secteurs de la construction mécanique, de l'ingénierie électrique et de la métallurgie, exportent vers la zone euro. Environ 99,6 % des entreprises suisses emploient moins de 250 personnes, et trois quarts des affiliés à Swissmem possèdent moins de 10 salariés.
Les fabricants interrogés l'année dernière par le KOF - Centre suisse de recherches conjoncturelles - estimaient que leurs ventes chuteraient de 3,4 % dans les six mois suivant la décision de la banque centrale de débloquer le cours du franc face à l'euro, et de 4,2 % au bout de 18 mois.
L'association des PME suisses fait toutefois observer que le changement de cap n'aurait pas vraiment dû surprendre les entreprises, la Banque nationale suisse ayant toujours affirmé que la parité fixe franc/euro n'était que passagère.
Selon l'association, les entreprises auraient dû utiliser le ballon d'oxygène offert par le taux plancher pour rationaliser leurs coûts, améliorer leurs processus, investir dans de nouvelles technologies et explorer de nouveaux marchés à l'exportation hors de la zone euro.
Mais le gouvernement pourrait aussi mettre la main à la pâte en supprimant les réglementations inutiles et en alignant ses règles en matière d'importation et d'exportation sur celles de l'UE, ce qui permettrait aux PME d'économiser jusqu'à 10 milliards de francs suisses en frais administratifs. Dans son cahier de doléances, les recommandations d'hier sont devenues des impératifs aujourd'hui.