09 décembre 2015
La philanthropie est devenue très à la mode. « #Giving Tuesday », une campagne en ligne lancée en 2012 aux Etats-Unis pour faire contrepoint à la frénésie consumériste des « Black Friday » et autres « Cyber Monday », a récemment débarqué en Europe.
Cependant, être de plus en plus philanthrope signifie bien plus que donner de l'argent aux bonnes causes. La campagne « #Giving Tuesday » encourage les bons gestes, comme donner du sang, faire du bénévolat, voire devenir donneur d'organe.
Les gens les plus riches de la planète, comme Zuckerberg ou Bill Gates avant lui, sont de plus en plus soucieux de conserver le contrôle de la redistribution de leur manne, et ils ont évidemment de bonnes raisons de le faire. Les hommes d'affaires possèdent, dans des domaines comme la maîtrise des coûts, des compétences et un savoir-faire susceptibles d'améliorer l'impact de leur générosité philanthropique. Ils sont également en mesure de créer des organisations pour soutenir des causes pour lesquelles il n'existe pas officiellement de bienfaisance.
Les moins nantis, quant à eux, peuvent créer des fonds à vocation arrêtée par le donateur, une structure fiscalement intéressante et de plus en plus prisée, inventée aux États-Unis en 1931, qui gagne désormais du terrain en Europe. Les bienfaiteurs peuvent offrir des actions ou de l'argent et bénéficier d'avantages fiscaux immédiats ; les fonds conservent les donations jusqu'à ce que les fondateurs ou leurs successeurs leur recommandent de les dépenser. Ces fonds peuvent aussi garantir l'anonymat recherché par maint riche donateur.
Reste que ces nouvelles tendances font de l'ombre aux organismes caritatifs traditionnels, qui doivent désormais recourir à des stratégies comme la rationalisation et l'amélioration de l'efficacité pour devenir plus séduisants pour leurs donneurs, sous peine de voir se tarir les ressources auxquelles ils étaient habitués.