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Entrepreneuriat

09 décembre 2015

Entrepreneurs philanthropes 2.0 

Si les entrepreneurs se mesuraient jadis à la taille de leur yacht, c'est désormais à celui qui en fera le plus dans le domaine de la philanthropie qui tient la corde. Le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg est récemment devenu l’un des plus importants philanthropes au monde, en offrant 45 milliards de dollars pour « faire progresser le potentiel humain et promouvoir l'égalité pour tous les enfants de la prochaine génération ».

La philanthropie est devenue très à la mode. « #Giving Tuesday », une campagne en ligne lancée en 2012 aux Etats-Unis pour faire contrepoint à la frénésie consumériste des « Black Friday » et autres « Cyber Monday », a récemment débarqué en Europe.

Cependant, être de plus en plus philanthrope signifie bien plus que donner de l'argent aux bonnes causes. La campagne « #Giving Tuesday » encourage les bons gestes, comme donner du sang, faire du bénévolat, voire devenir donneur d'organe.

Les gens les plus riches de la planète, comme Zuckerberg ou Bill Gates avant lui, sont de plus en plus soucieux de conserver le contrôle de la redistribution de leur manne, et ils ont évidemment de bonnes raisons de le faire. Les hommes d'affaires possèdent, dans des domaines comme la maîtrise des coûts, des compétences et un savoir-faire susceptibles d'améliorer l'impact de leur générosité philanthropique. Ils sont également en mesure de créer des organisations pour soutenir des causes pour lesquelles il n'existe pas officiellement de bienfaisance.

Les moins nantis, quant à eux, peuvent créer des fonds à vocation arrêtée par le donateur, une structure fiscalement intéressante et de plus en plus prisée, inventée aux États-Unis en 1931, qui gagne désormais du terrain en Europe. Les bienfaiteurs peuvent offrir des actions ou de l'argent et bénéficier d'avantages fiscaux immédiats ; les fonds conservent les donations jusqu'à ce que les fondateurs ou leurs successeurs leur recommandent de les dépenser. Ces fonds peuvent aussi garantir l'anonymat recherché par maint riche donateur.

Reste que ces nouvelles tendances font de l'ombre aux organismes caritatifs traditionnels, qui doivent désormais recourir à des stratégies comme la rationalisation et l'amélioration de l'efficacité pour devenir plus séduisants pour leurs donneurs, sous peine de voir se tarir les ressources auxquelles ils étaient habitués.