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Entrepreneuriat

24 juin 2015

L'économie du partage 

L'économie dite « du partage », fondée sur l'échange de biens et de services entre particuliers, est en plein essor. Dans un univers où les niveaux de valorisation explosent, deux des étoiles les plus brillantes du secteur visent aujourd'hui la domination mondiale.

Airbnb, qui propose 1,5 million d'annonces de location à court terme dans plus de 190 pays et héberge plus de 400 000 clients par nuit, a récemment procédé à une levée de fonds qui a porté son niveau de valorisation à près de 25 milliards de dollars.

Alors que cette start-up spécialisée dans la location de logements entre particuliers, fondée à San Francisco en 2008, fait face aujourd'hui à une pression réglementaire croissante en Europe et aux États-Unis, ce n'est pas un hasard si elle compte désormais parmi ses principaux investisseurs Sequoia China and China Broadband Capital.

Selon l'entreprise, le nombre de Chinois hébergés via Airbnb à travers le monde a augmenté de 700 % l'an passé. Fraîchement capitalisée, Airbnb compte désormais investir en étendant sa présence en Chine et en commercialisant son offre auprès des touristes chinois voyageant à l'étranger.

Pendant ce temps, Uber, qui assure actuellement 1 million de déplacements par jour en Chine, a récemment atteint le niveau de valorisation encore plus remarquable de 50 milliards de dollars. Spécialisée dans la mise en contact d'utilisateurs avec des chauffeurs privés, la société n'a mis que cinq ans à atteindre ce chiffre, soit deux ans de moins que Facebook qui est entrée en bourse peu après.

Uber, qui a longtemps décrit l'Inde comme un « marché prioritaire mondial », a déclaré ce mois-ci son intention d'investir 1 milliard de dollars dans ce pays au cours des neuf prochains mois afin d'étendre rapidement sa présence dans un pays où moins de 20 % des ménages possèdent une voiture.

Malgré leurs ambitions mondiales, aucune des deux plateformes numériques n'est actuellement rentable : Airbnb devrait afficher une perte de 150 millions de dollars en 2015, tandis qu'Uber reste fortement déficitaire. 

Cette situation n'inquiète pas les investisseurs qui sont davantage axés sur la croissance soutenue du chiffre d'affaires, ce que chacune des deux sociétés continue d'afficher.

En effet, les perspectives à long terme de l'ensemble de l'économie du partage restent extrêmement prometteuses selon PwC. Ce cabinet estime que les cinq principaux secteurs de partage (qui comprennent notamment l'hébergement entre particuliers et le covoiturage) ont le potentiel d'accroître leur chiffre d'affaires mondial pour passer d'environ 15 milliards de dollars aujourd'hui à 335 milliards en 2025.

Pour réaliser ce potentiel et justifier les valorisations actuelles, ces entreprises de l'économie du partage devront répondre aux préoccupations croissantes concernant la réglementation. 

À New York par exemple, le procureur général a publié l'an passé un rapport accablant sur Airbnb, affirmant que 72 % des unités d'hébergement Airbnb dans la ville enfreignaient la loi, et que plusieurs millions de dollars de taxes de séjour restaient impayés.

Uber est confrontée à des difficultés encore plus grandes, dont une interdiction totale ou partielle de ses services de transport sans licence dans plusieurs dizaines de villes à travers le monde.

À mesure que ces entreprises parviendront à maturité (et qu'elles seront vraisemblablement soumises, à terme, à des fardeaux réglementaires semblables à ceux rencontrés par leurs principaux concurrents), le taux de croissance de leur chiffre d'affaires ralentira certainement.

Toutefois, pour l'heure, l'économie du partage n'en est qu'à ses débuts.