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INVESTIR AU JAPON

Après deux décennies de marasme économique, 2013 a marqué le début de ce qui pourrait être un tournant majeur pour le Japon, et pour le marché actions nippon, qui a progressé de plus de 50 % l’année passée.

Le lancement par le Premier ministre Shinzo Abe de ses trois « flèches » économiques – un assouplissement monétaire, une relance fiscale et une réforme structurelle – a été largement salué par les analystes, et plus important encore, a reçu le soutien des citoyens de son pays. Les faveurs du public pour le Premier ministre ont accompagné la performance de la Bourse de Tokyo, qui était d’un peu plus de 70 % au printemps dernier, quelques mois seulement après l’élection de Shinzo Abe.

Pourtant, au cours de ces trois derniers mois, le marché japonais a donné la pire performance des pays développés, avec un plongeon de près de 10 % au premier trimestre.

Plus inquiétant encore, les résultats d’une enquête d’opinion organisée en mars : selon ce sondage, seuls 24,5 % des Japonais estiment que les conditions économiques se sont améliorées grâce à la politique « Abenomics », 70,9 % déclarant au contraire que la situation ne s’est pas améliorée.

Parallèlement, l’introduction de la troisième flèche – une réforme structurelle incluant des accords de libre échange et une augmentation des salaires – reste encore à faire dans son intégralité alors que certaines mesures, notamment une légère hausse des salaires des fonctionnaires, prendront effet prochainement.  Il est à noter que cette mesure est contrebalancée par une augmentation (très impopulaire) de 3 % de la taxe à la consommation du pays.

Il ne fait guère de doute que le Gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda est prêt à injecter, au besoin, des liquidités supplémentaires, ce qui contraste franchement avec la politique de « tapering » de la Fed américaine.

L’ « Abenomics » laisse actuellement beaucoup d’investisseurs perplexes et certains commencent même à ravaler leur optimisme. Nous pensons cependant que le marché japonais est toujours bien positionné sur le long terme, notamment au niveau des valorisations.

La récente correction des marchés représente un bon point d’entrée pour tous ceux qui ont raté le « Shinkansen » l’année dernière. Le marché nippon offre non seulement des ratios cours/bénéfices attractifs (13,1 contre 16,2 aux États-Unis et 14,5 en Europe) mais également une croissance bénéficiaire de loin la plus intéressante des marchés développés.

Même si l’ « Abenomics » et le marché nippon continuent d’être sous pression sur le court terme,  il ne fait aucun doute que le Premier ministre, assisté du Gouverneur du la Banque centrale, fera tout son possible pour inverser cette tendance – notamment en accélérant le processus de réforme. Son avenir politique en dépend.  

Pour être franc, l’exubérance lors du lancement de l’ « Abenomics » ne pouvait que finir par retomber. Mais cela ne signifie pas que cette expérience est un échec.   

Pour les investisseurs en actions mondiales, le Japon reste une terre d’opportunités. A l’avenir, se prémunir des risques de change reste un point crucial, de même qu’identifier des actions avec des fondamentaux solides, une position concurrentielle dominante ainsi que des valorisations attractives.

La course en dents de scie du marché va peut-être continuer en 2014. Nous vous conseillons ainsi de bien vous accrocher et de profiter de la chevauchée.


Monsieur Lizin est analyste financier au sein de la banque privée bruxelloise Puilaetco Dewaay, membre de KBL European Private Bankers. Le contenu de cet article et les points de vue énoncés sont ceux de l’auteur à la date d’écriture de ce document et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est d’ordre général et ne constitue en aucun cas un conseil juridique, comptable, fiscal ou en investissement.