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Macro-économie

22 juillet 2014

Contradictions monétaires 

L'intervention des autorités monétaires est demandée pour maintenir les prix à un niveau stable, favoriser la croissance économique et endiguer les bulles spéculatives. Mais obtenir les trois à la fois s'avère extrêmement difficile.

La dernière preuve en date est la proposition de Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, qui souhaite que la Banque centrale européenne (BCE) se montre plus attentive aux distorsions des prix des actifs provoquées par une politique monétaire débridée. Alors que l'Allemagne souhaite plus de discipline fiscale, la France, son partenaire dans l'UE, préférerait un relâchement des brides monétaires pour affaiblir l'euro et rendre les prix à l'exportation plus concurrentiels.

Il faut dire que les deux plus grandes économies européennes sont confrontées à des réalités différentes. L'Allemagne connaît une croissance suffisamment forte pour que son gouvernement soit attentif au moindre signe d'inflation des prix à la consommation. La France, quant à elle, est aux prises avec une croissance faible et le spectre de la déflation, et son gouvernement éprouve dès lors plus de difficultés à réduire son déficit budgétaire en ligne avec les objectifs de la BCE.

Montrant du doigt des signes d'inflation des prix de l'immobilier, Schäuble soutient que les banques centrales ne devraient pas laisser les fonctionnaires du pays agir sur les bulles immobilières. Des analystes ont noté que les stimuli monétaires aux États-Unis ont permis aux prix des actions d'atteindre des records absolus. L'augmentation rapide des prix de l'immobilier au Royaume-Uni a également fait naître la crainte que les taux hypothécaires soient trop bas.

Déjà confrontés à deux importantes bulles du prix des actifs au cours des quinze années écoulées, les pouvoirs publics (et les investisseurs) sont plus sensibles aux risques que par le passé. Cependant, même si éviter les bulles spéculatives est un objectif noble, il peut s'avérer extrêmement difficile dans la pratique de faire la différence entre le résultat d'une croissance soutenue et une surchauffe des marchés.

Les autorités monétaires ne peuvent pas perdre de vue le fait qu'elles ont une double responsabilité : maintenir l'inflation au bon niveau et encourager une croissance saine. À la lumière des leçons de ces quinze dernières années, elles ne peuvent pas non plus se permettre d'ignorer les risques d'une exubérance irrationnelle.