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Macro-économie

15 mars 2016

Cousu d'or 

Après avoir progressé de 17 % au cours des trois premiers mois de l'année (la plus forte hausse trimestrielle depuis 1986), le prix de l'or a commencé à se stabiliser. Toutefois, les facteurs sous-jacents qui poussent le cours à la hausse devraient continuer à soutenir cette tendance.

Deux variables se révèlent fondamentales pour l'or : les taux d'intérêt réels et la valeur du dollar américain. La première reflète le soi-disant « coût d'opportunité » lié à la détention d'or, dans la mesure où, bien entendu, l'or lui-même ne délivre pas d’intérêt et ne verse aucun dividende. Tant que les taux d'intérêt mondiaux resteront très faibles, comme ils le sont à l'heure actuelle, le coût de détention du métal jaune sera négligeable.

Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine, continue à présenter une vision optimiste de l'économie américaine, tout en adoptant un ton conciliant en ce qui concerne les futures hausses de taux. On peut en conclure que le nombre de hausses appliquées cette année aux États-Unis sera inférieur aux attentes antérieures tant que les taux d'intérêt européens resteront en territoire négatif.

À l'échelle mondiale, la faiblesse des taux continuera donc à être favorable à l'or.

Ce qui nous amène au dollar, première monnaie de réserve au monde et concurrent direct de l'or. Lorsque le dollar fléchit, les investisseurs ont tendance à se ruer sur l'or en tant que valeur refuge. De même, lorsque l'économie américaine affiche des tendances inflationnistes, diminuant ainsi le pouvoir d'achat du dollar, les investisseurs sont également plus enclins à acheter de l'or.

Ces tendances ont récemment fait leur retour aux États-Unis, l'indicateur d'inflation de base ayant augmenté de 2,3 % sur 12 mois jusqu'en février 2016. L'indicateur de référence privilégié par la Réserve fédérale (l'indice de base des dépenses de consommation des ménages) a progressé de 1,7 % durant la même période.

Comme nous venons de l’indiquer, la Fed ne semble pas pressée d'engager un cycle de hausse des taux. Ce décalage entre la hausse de l'inflation et le maintien des taux d'intérêt à un niveau obstinément bas affaiblirait par conséquent le dollar.

Parallèlement, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a récemment suggéré que les taux européens s'approchaient vraisemblablement de leurs plus bas niveaux, provoquant un raffermissement de l'euro face à l'ensemble des autres devises, y compris le dollar US.

Dans la mesure où la plupart des investisseurs surpondèrent aujourd'hui le dollar, le billet vert ne peut que se raffermir s'il est porté par de meilleures nouvelles. Cela n'a pas été le cas jusqu'à présent. 

Certains fondamentaux comme les balances courantes et les déficits budgétaires sont désormais favorables à l'Europe plutôt qu'aux États-Unis. La seule façon de réduire cette différence serait qu'un flux constant de capitaux s'oriente vers les États-Unis. Alors que le déficit commercial américain continue de se creuser (pour atteindre 47,1 milliards de USD en février), les capitaux s'orientent précisément dans la direction opposée.

Il en résulte que le billet vert devrait s'affaiblir encore davantage, favorisant une nouvelle fois l'or.

Bien que l'appétit des investisseurs pour l'or soit susceptible d'augmenter, la demande de métal physique reste atone, surtout en Asie, où les achats tant privés que publics ont été limités. Dans la mesure où le précédent repli des cours n'a pas été suffisamment marqué pour susciter une réduction de la production commerciale, les stocks physiques mondiaux ne sont pas prêts de s'épuiser.

Enfin et surtout dans le contexte actuel, il convient d'examiner le rôle de l'or en tant que police d'assurance contre la volatilité des marchés.

Souvent décrit comme le placement des pessimistes, l'or rassure les investisseurs que les deux chocs majeurs ayant récemment frappé les marchés d'actions internationaux ont rendu nerveux. Dans la mesure où les performances des actions devraient continuer à évoluer en dents-de-scie, nous voyons là une raison supplémentaire de penser que le prix de l'or dispose encore d'une forte marge d'appréciation.