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Macro-économie

10 novembre 2015

Double dividende 

Comme la plupart des pays industrialisés, la Chine vieillit. D’ici 2020, la population de ce pays comptera chaque année 10 millions de personnes âgées en plus et 7 millions de personnes actives en moins. D’ici 2050, un quart des Chinois sera retraité.

Avec plus de 1,35 milliards d’habitants, la Chine a beau être le pays le plus peuplé au monde, elle doit néanmoins faire face à un déficit démographique de plus en plus important. C’est la raison pour laquelle les leaders du Parti Communiste chinois ont annoncé fin octobre l’abolition d’une politique vieille de 35 ans, celle de l’enfant unique.

Doubler le nombre d’enfants autorisés par famille semblerait à première vue une bonne solution au problème de vieillissement de la population. Cependant, les précédentes mesures prises pour assouplir cette politique d’enfant unique, pour certaines catégories de personnes et dans certaines régions du pays, n’ont pas eu l’impact escompté sur le taux de fertilité.

Dans la ville de Guangzhou, par exemple, 14 000 couples avaient été autorisés à avoir deux enfants en 2000.  En 2009, seuls 360 enfants étaient nés.   

Pourquoi ce changement démographique a-t-il été si minime à Guangzhou – et pourquoi l’abolition de la politique de l’enfant unique n’entraînera-t-elle pas de baby-boom, du moins sur le court terme ?

Des études récentes montrent que les couples qui étaient autorisés à avoir un deuxième bébé trouvaient qu’élever un enfant en Chine coutait déjà trop cher, sans parler d’un deuxième.

Malgré des années de croissance économique soutenue, le revenu moyen par habitant peine à atteindre 6 150 euros. Et alors que l’inflation des prix à la consommation continue de ralentir, le coût d’une bonne éducation, de l’immobilier et des soins médicaux restent inaccessibles pour beaucoup de parents de ces « Petits Empereurs » qui ne veulent que le meilleur pour leur enfant.

Il faut aussi noter que des générations entières de Chinois ont été élevés sur le modèle familial composé d’un père, d’une mère et d’un enfant. Les Chinois ne changeront pas leur état d’esprit du jour au lendemain. De plus, de nombreux couples qui aimeraient à présent avoir un deuxième enfant se sont déjà fait stériliser.

Sur le plus long terme, la Chine reste bien placée pour devenir la première économie mondiale avant les États-Unis. Ces prochaines décennies, la mise en place de la politique des deux enfants fera augmenter doucement mais surement la population active du pays.

Les spécialistes des questions chinoises pensent que cette annonce récente sera le prélude de l’abolition de toutes les restrictions liées aux naissances – un anachronisme au 21ème siècle dont le coût total pour la société chinoise ne se calculera pas en euros.