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Macro-économie

28 septembre 2017

EUROPE GRISONNANTE 

Le plus grand défi auquel l'Europe est confrontée à long terme n'est pas d'ordre économique mais démographique. D'ici à 2060, environ 28 % des Européens seront âgés de 65 ans ou plus, contre seulement 18 % aujourd'hui.

L'Europe affiche d’ores et déjà un déficit annuel colossal de 2 000 milliards d'euros en termes d'épargne-retraite. Dans la mesure où le nombre de retraités et l'espérance de vie continuent d'augmenter, ce déficit ne fera que s'amplifier, contraignant les pouvoirs publics à prendre des mesures impopulaires comme celles de repousser l'âge de la retraite, de réduire les prestations des régimes publics et d'accroître les cotisations obligatoires.

À l'avenir, les retraités ne pourront plus autant compter sur ces régimes publics et devront accorder une plus grande importance aux deux autres piliers du système de retraite : les régimes professionnels (reposant sur des cotisations définies par les employeurs et les salariés) et les régimes individuels comme les plans d'épargne et les produits d'assurance. 

La Commission européenne a récemment proposé une initiative baptisée « produit paneuropéen d'épargne-retraite individuelle » (PEPP) afin de renforcer ce troisième pilier. 

Au premier abord, l'idée semble assez logique : avec ce produit paneuropéen, les épargnants auront davantage de choix parmi les options proposées par un large éventail de prestataires, comme les gestionnaires d'actifs, les compagnies d'assurance, les banques et les fonds de pension professionnelle. Et le fait de rendre ces pensions individuelles transférables permettra aux épargnants de pouvoir compter sur un régime stable en cas de déménagement dans un autre État member. 

L'initiative est certes intéressante, mais il ne faut pas oublier qu'à peine un quart des Européens en âge de travailler souscrivent un quelconque produit d'épargne-retraite individuelle et que la souscription d'un PEPP restera entièrement volontaire.

Rendre obligatoire la participation à de tels régimes d'épargne-retraite privés (comme c'est le cas au Danemark pour une partie de la main-d'œuvre nationale) n'est tout simplement pas à l’ordre du jour. Le traitement fiscal est donc à la fois la clé du succès dans ce projet et l'une des questions les plus épineuses examinées actuellement. 

De toute évidence, les PEPP ne trouveront pas preneurs si ces produits paneuropéens sont taxés à un niveau plus élevé que les produits nationaux. C'est pourquoi la Commission européenne a recommandé que les États membres accordent aux PEPP le même traitement fiscal qu'aux produits nationaux similaires. 

Toutefois, la Commission n'a pas le pouvoir d'imposer un tel traitement fiscal et il n'est pas certain que les États soient disposés à réduire encore davantage leurs intérêts nationaux déjà restreints pour le bien de l'Europe. 

En conséquence, nul ne sait vraiment quel impact les PEPP auront si l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles les autorise. 

Le caractère transférable devrait attirer les professionnels européens nomades ; les PEPP pourraient également intéresser les travailleurs indépendants. De même, les personnes vivant dans des pays où l'offre d'épargne-retraite est actuellement limitée (comme dans une grande partie de l'Europe de l'Est) bénéficieraient d'un choix plus important et d'un label PEPP de qualité fondé sur une normalisation des documents d'information permettant aux épargnants de comparer les offres entre ells. 

Le secteur européen de la gestion d'actifs serait un autre bénéficiaire manifeste de ce produit transfrontalier qui encourage la mutualisation des solutions, entraînant ainsi la réalisation d'économies d'échelle.

En effet, la Commission estime que les 700 milliards d'euros que représentent actuellement les plans d'épargne-retraite individuelle au sein de l'UE pourraient atteindre 2 100 milliards d'euros d'ici à 2030, dont environ 700 milliards d'euros sous forme de PEPP, ce qui ferait de ce marché actuellement fragmenté et sous-dimensionné une source d'investissements accrus à long terme dans l’économie réelle.