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Macro-économie

02 novembre 2017

Investissements rentables 

Bien que les investisseurs les plus prudents restent attirés par les titres à faible risque versant à leurs détenteurs une partie des bénéfices de la société, ces titres ont dans l'ensemble perdu la cote.

Pourtant, durant la majeure partie du XXè siècle, la détention d'actions comme AT&T était extrêmement répandue, essentiellement parce qu'elles versaient systématiquement un dividende annuel. Dans la mesure où elles étaient particulièrement appréciées par des investisseurs qui ne pouvaient pas se permettre de prendre des risques excessifs et qui comptaient sur cet argent supplémentaire pour étoffer leur compte bancaire, ces valeurs sûres étaient souvent baptisées par dérision « widow-and-orphan stocks » dans les pays anglo-saxons, ou « valeurs pour la veuve de Carpentras » en France. 

Aujourd'hui, de nombreux investisseurs pensent que les actions productrices de dividendes sont des vestiges du passé, comme les voitures à cheval ou les téléphones à cadran rotatif. C'est regrettable car ces actions peuvent présenter une opportunité d'investissement particulièrement attrayante. 

C'est notamment le cas dans le contexte actuel de faible rendement au sein de la plupart des classes d'actifs ; les actions, surtout européennes, se distinguent par leurs rendements du dividende supérieurs à la moyenne historique. 

Les dividendes restent importants dans la mesure où, bien évidemment, c'est le rendement total qui devrait focaliser l'attention des investisseurs, qu'il résulte du versement de dividendes ou de l'appréciation des cours.

Les dividendes procurent un flux de revenu régulier, versé généralement en espèces au moins une fois par an, indépendamment des fluctuations des cours boursiers. Cet aspect est important car si ces actions sont conservées pendant leur durée de vie, le flux de dividendes peut constituer à lui seul le retour sur investissement. Parallèlement, certains types d'investisseurs, comme les fonds de pension, ont besoin d'un tel flux régulier afin d'honorer leurs engagements de décaissements. 

Plus fondamentalement, il convient de noter qu’un solide engagement en faveur du versement de dividendes contraint l'entreprise à la rigueur et se traduit par une démarche plus sélective en termes de dépenses d'investissement. Pour autant, le versement de dividendes ne doit pas entraver la création de valeur. 

Par conséquent, les investisseurs doivent opter pour des entreprises qui adoptent une démarche de type « boucles d’or », autrement dit qui s'engagent à verser un dividende raisonnable, mais pas au détriment de la croissance future. 

De même, le versement de dividendes en espèces permet de vérifier les comptes de l'entreprise, et notamment les bénéfices et les flux de trésorerie. À titre de comparaison, les dividendes versés en actions, appelés « scrip », sont à envisager avec davantage de précaution ; ce type d'opérations n'est souvent qu'une augmentation de capital déguisée plutôt qu'un réel versement de dividendes. 

L’histoire montre que les rendements des dividendes constituent la majeure partie des rendements boursiers au sein des principaux marchés européens, la croissance des dividendes étant l’autre principal facteur. En effet, un rendement moyen du dividende de 3,5 % sur les actions européennes représente plus de la moitié de la performance des actions à long terme sur des marchés comme l’Allemagne et la France. 

En termes de performances, contrairement aux idées reçues, celles des actions productrices de dividendes sont en moyenne et à long terme à peu près conformes à celles de la plupart des indices de référence. En revanche, le choix des titres exige une grande sélectivité : déterminer quelles entreprises seront en mesure de verser des dividendes (et de préférence de les faire croître) au fil du temps peut s'avérer extrêmement difficile. 

Il est préférable d'opter pour des entreprises résistantes qui ont déjà montré leur capacité à dégager des flux de liquidités disponibles et à les faire croître, et qui affichent une volonté d'en distribuer une partie à leurs actionnaires. 

En comparaison, l'acquisition de titres effectuée sur la seule base de leur palmarès en termes de rendements élevés du dividende peut être dangereux et mener à ce que les Anglo-saxons appellent le « dividend trap, » c'est-à-dire une situation dans laquelle les investisseurs se retrouvent bloqués avec des actions dont le dividende excessif est inévitablement réduit et dont la valeur sous-jacente peut en même temps se déprécier. 

Cela nous amène à évoquer les « aristocrates du dividende, » ces entreprises qui ne cessent d'accroître leurs dividendes au fil du temps. Aux États-Unis, les entreprises doivent avoir augmenté leurs dividendes pendant 25 années consécutives pour figurer sur cette liste, contre 10 ans en Europe (où la base de départ est plus élevée). 

Dans les deux régions, ces aristocrates du dividende (qui ont tendance à être des grandes capitalisations de premier ordre et qui sont aussi rares que leur nom l'indique) surperforment historiquement le marché et affichent une plus faible volatilité à long terme. 

Bien que tout investissement exige une profonde compréhension et une analyse rigoureuse de la stratégie, du positionnement sur le marché, des moteurs sectoriels et des aspects financiers de l'entreprise concernée, il est indéniable que les actions productrices de dividendes représentent une opportunité qui mérite réflexion, et pas simplement par la veuve ou l'orphelin.