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Macro-économie

22 janvier 2014

L'ogre de la zone euro 

L'objectif de la Banque Centrale Européenne (BCE) est de limiter l'inflation dans la zone euro à 2 % par an. En décembre, l'inflation annuelle dans la zone euro était estimée à 0,8 %. Est-ce à dire que la BCE fait trop bien son travail ?

Alors que l'inflation dévalue les devises et diminue la valeur de l'épargne, la déflation découle (et renforce) d'une faible demande de biens et services qui font tourner l'économie d'un pays ou d'un continent.

Même si les prix augmentent techniquement dans toute la zone euro, la déflation de la dette est déjà un fait. Les obligations émises en prévision d'un taux d'inflation de 2 % sont plus chères à rembourser lorsque l'inflation n'atteint que la moitié de cette prévision.

Pour compliquer la situation pour la zone euro, l'euro, à l'instar du dollar américain, est une devise refuge pour les investisseurs frileux qui souhaitent passer d'actifs plus risqués à des liquidités. L'augmentation de la demande de titres dominés par l'euro stimule la valeur de la devise et rend les marchandises européennes plus onéreuses sur les marchés mondiaux.

Alors que l'inflation dans la zone est à son niveau le plus bas depuis quatre ans, des voix s'élèvent pour demander une intervention plus décidée pour stimuler la demande, ce qui profiterait également à la croissance économique. Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, a déclaré craindre « l’ogre » de la déflation plus qu'une éventuelle sortie du « génie » de l'inflation de sa bouteille.

La demande devrait toutefois se rétablir à mesure que les économies européennes sortent de la crise. Cette prédiction pourrait expliquer la réticence de la BCE à intervenir de façon plus ferme dans des économies qui pourraient bien se rétablir d'elles-mêmes, en particulier avec des taux d'intérêt qui ont atteint leur plancher historique.

Néanmoins, le chômage, qui reste décidemment élevé, et la faible croissance économique dans une bonne partie de la zone euro (en particulier dans les pays touchés de plein fouet par la crise de la dette) pourraient inciter les décideurs politiques à exiger une action plus décisive pour encourager la croissance et bannir l'ogre de la déflation.