Cookies sur le site KBL

Afin d’améliorer notre site Internet, nous utilisons les cookies Google Analytics. Ces fragments de données placés sur votre navigateur nous montrent certaines de vos activités sur notre site (comme les pages que vous avez consultées, etc.) et nous permettent d"évaluer l"audience du site. Pour de plus amples informations, consultez notre Politique de protection des données du site Internet.

Macro-économie

12 mai 2015

La grande rotation 

Les analystes financiers pronostiquent depuis longtemps déjà une « grande rotation », situation où les investisseurs échangent leurs obligations contre des actions. Ce changement s’effectue pour deux raisons : en réaction aux prix élevés et aux faibles rendements des obligations d'état, dans un premier temps ; puis à la certitude que les économies du monde entier se rétablissent enfin, près d'une décennie après le déclenchement de la crise financière globale et de la récession économique qu'elle avait provoquée.

La semaine dernière, certains observateurs ont cru que cette rotation avait finalement commencé. Des facteurs, comme le rebond des prix pétroliers, et la croyance (qui s'est finalement avérée infondée) que les élections britanniques déboucheraient sur une impasse, ont fait augmenter rapidement les rendements de la dette publique allemande et britannique.

Les prix des obligations d'état ont cependant rapidement rebondi après que des informations en provenance de pays comme les États-Unis, l'Allemagne et la Chine eurent suggéré qu'il était peut-être trop tôt pour conclure au retour de la croissance économique à son niveau d’avant la crise. Avec la disparition de l'euphorie, la dette garantie par l'état semble à nouveau devenir une valeur refuge pour les investisseurs nerveux, même si elle offre des rendements proches de zéro.

Cette péripétie démontre toutefois que les marchés financiers peuvent bouger considérablement et très rapidement quand les investisseurs changent d'avis. Elle souligne également le fait que les placements à revenu fixe continuent à être soutenus par les programmes d'achat d'obligations déployés par les banques centrales (tout récemment la BCE) pour donner un coup de fouet à une croissance économique morose, et que l'assouplissement quantitatif ne peut pas se prolonger indéfiniment.

Il plane toujours un doute quant à la capacité de la Grèce d'atteindre un accord avec ses créanciers pour obtenir plus d'aide financière, c'est-à-dire conserver l'euro comme monnaie. Et personne ne peut préjuger des conséquences en cas d'échec des pourparlers. La volatilité des marchés financiers est donc symptomatique du fait que les soucis de l'économie mondiale ne sont pas encore résolus.