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Macro-économie

05 août 2016

Le dividende olympique 

De loin les Jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, les JO d’hiver de Sotchi en 2014 ont coûté au gouvernement russe la bagatelle de 51 milliards d’euros. En comparaison, les JO de Rio 2016, avec un montant d’à peine plus de 4 milliards, sont une belle affaire.

 

Les organisateurs brésiliens se donnent beaucoup de mal pour mettre en avant leur budget relativement faible et leur mode de financement provenant du secteur privé à 80 %.

Toutefois, ce pays qui célébrait encore la victoire de sa candidature en 2009 semble éprouver quelque remords : un récent sondage montre que pas moins de 50 % des brésiliens ne souhaitent pas accueillir les Jeux, contre 25 % en 2013. 

Les temps ont vraisemblablement changé pour l’économie la plus importante d’Amérique latine. Après s’être joué de la crise financière mondiale, le PIB du Brésil a augmenté de 7,6 % en 2010. Hélas, l’économie a ensuite suivi la même pente glissante que le prix des matières premières.  

En 2015, le PIB du pays s’est contracté de 3,8 %, un record en 25 ans, et devrait encore perdre 3,5 % cette année. La confiance des consommateurs, malmenée par un taux de chômage en augmentation, des scandales de corruption et la propagation du virus Zika, a atteint un niveau dangereusement faible.  

Malheureusement, en termes purement économiques, il est peu probable que le Brésil puisse profiter de la rentabilité des Jeux Olympiques. 

Dans le très court terme, le nombre de touristes à Rio grimpera évidement en flèche, de même que le nombre d’emploi dans le secteur des services. Les résidents et visiteurs pourront profiter de nouvelles infrastructures, notamment une nouvelle ligne de métro et une voie de bus express. Mais il y a peu de chance que le Brésil, comme presque tous les autres pays hôtes, enregistre de réels bénéfices économiques. 

Depuis la première édition des JO modernes à Athènes en 1896, une ville seulement a accueilli des JO d’été rentables : Los Angeles en 1984. 

En tant qu’unique soumissionnaire, Los Angeles avait pu négocier des conditions très favorables auprès du Comité olympique international. Plus important encore, la ville avait pu compter sur son infrastructure existante et ne dépenser que 320 millions d’euros, soit moins d’un dixième du budget de Séoul qui avait accueilli les JO suivants. 

Si les JO de Rio 2016 enregistreront inévitablement une perte financière, elle n’aura virtuellement aucun effet sur l’économie brésilienne évaluée à 3 000 milliards de dollars. Par contre, si tout se passe comme prévu, les Jeux Olympiques de Rio donneront un coup de fouet au moral des Brésiliens. 

Pendant deux semaines, l’attention du monde entier portera sur ce pays de 210 millions d’habitants et ses athlètes qui pourront compter sur l’avantage de jouer à domicile : le Brésil gagnera sans doute plus de médailles qu’aux derniers JO de Londres ou les prochains à Tokyo en 2020.

Gagner quelques compétitions ne pourra certainement pas panser les plaies macro-économiques du Brésil – bien qu’une toute première médaille d’or pour l’équipe de foot nationale pourrait redonner du baume au cœur aux Brésiliens, au moins pour un soir.