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11 février 2019

Le marché devient volatile ? Pas de panique !  

Les investissements ont été facilités au cours de la dernière décennie. Les marchés financiers se sont massivement développés partout dans le monde, de façon quasiment ininterrompue depuis la crise financière. Et cela sur fond de volatilité réduite la plupart du temps. Souvent, il a suffi aux investisseurs d’être exposés aux marchés d’actions pour générer des rendements solides.

Cette situation confortable a brutalement pris fin à la fin de l’année dernière. Les investisseurs ont cédé à la panique face à la publication de divers indicateurs économiques chinois revus à la baisse, à l’arrêt temporaire du gouvernement fédéral aux États-Unis et à la poursuite des tensions commerciales entre les deux pays. Malgré les signes de reprise enregistrés en début d’année, les marchés ont commencé à enchaîner les montagnes russes, sans répit.

Il ne s’agit pourtant là que d’un bruit de fond qui n’est pas révélateur des tendances à long terme (et certainement pas de toutes). Alors que le débat politique au sujet d'un mur le long de la frontière sud des États-Unis ne devrait pas mettre en danger les fortunes des entreprises, l’arrêt partiel des activités du gouvernement fédéral (shutdown) pendant 35 jours - et la menace d’une reprise de cette paralysie dans un avenir proche - pourraient éroder la confiance des consommateurs et des entreprises.

Par ailleurs, la guerre commerciale a assurément un impact : elle exacerbe la faiblesse actuelle de l’économie chinoise, ce qui signifie que les consommateurs chinois n’achètent plus autant d’iPhones et autres produits. Et cela nuit aux bénéfices des entreprises et au climat sur les marchés boursiers aux États-Unis et ailleurs. Les investisseurs doivent être conscients que les rendements ne seront plus aussi faciles à atteindre dans un futur proche.

Cependant, le ralentissement économique observé actuellement n’est ni inhabituel ni inattendu. La volatilité ponctuelle est le prix à payer par les investisseurs pour les rendements élevés à long terme garantis par les marchés boursiers. Les marchés ont connu une période de calme sans précédent au cours de ces dernières années grâce à une économie mondiale qui connait une croissance constante depuis 2010. Nous approchons à présent de la fin de ce cycle, ainsi que de celle de la politique monétaire accommodante qui a tant fait pour le soutenir. Des turbulences sont inévitables avec l’ajustement des marchés financiers.

Comment les investisseurs doivent-ils réagir face à ce regain de volatilité ? Voir l’épargne jouer au yoyo est déstabilisant, et il est souvent tentant de se réfugier dans les liquidités en attendant un retour au calme. Mais cette approche comporte des risques inhérents.

Premièrement, il convient de noter que, en dépit de la légère reprise enregistrée depuis le début de cette année, les marchés boursiers continuent de décrocher des sommets atteints l’an passé. Les prévisions des bénéfices futurs ont été revues à la baisse pour atteindre des niveaux plus réalistes, à l’instar des valorisations boursières. Une partie des craintes justifiées concernant l’évolution future de la situation politique et économique a déjà été prise en compte dans les cours.

Par ailleurs, d’autres opportunités d’investissement méritent qu’on s’y intéresse de plus près, comme les marchés émergents que les investisseurs ont massivement abandonnés en 2018, malgré une croissance économique solide et continue (estimée à 5 % en Asie cette année et en 2020). Alors que la croissance du PIB chinois a atteint l’année dernière son plus bas niveau depuis 28 ans, elle s’est tout de même établie (officiellement) à 6,6 %, un chiffre dont la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord ne peut que rêver. La croissance économique de l’Inde, dont le PIB a atteint 2 600 milliards de dollars, est attendue à 7,4 % cette année.

Les marchés traversent régulièrement des périodes de baisse et de hausse, et essayer de déterminer le meilleur moment pour entrer et sortir du marché est un marché de dupe. L’histoire montre que les investisseurs ont tendance à réagir excessivement à la volatilité des marchés : ils vendent au moment même où le marché commence à se redresser, mais ne recommencent pas à acheter tant que les cours n’ont pas augmenté de manière conséquente. Dalbar, un cabinet de recherche américain qui réalise chaque année une étude sur le comportement des investisseurs, a calculé que les tentatives d’anticipation des marchés ont coûté en moyenne aux investisseurs 8 % par an au cours des 30 dernières années.

Que peuvent faire les investisseurs ? Procéder avec une plus grande prudence - par exemple, en sélectionnant des titres d’entreprises qui présentent des bilans solides et offrent des dividendes raisonnables. Cela ne garantit pas l’immunité contre la volatilité des marchés, mais il y a de plus fortes chances que de telles entreprises s’en sortent mieux dans un contexte de baisse de la croissance et de bouleversements géopolitiques.