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Macro-économie

18 février 2015

Phénomène des rendements négatifs 

En corollaire d'une reprise économique phénoménale, l'Irlande vient de devenir le dernier pays en date à émettre de la dette souveraine à court terme présentant un rendement négatif. Cette semaine, elle a proposé au total 500 millions d'euros en dette à six mois au taux de moins 0,01%, ce qui signifie que les investisseurs sont assurés de perdre de l'argent s'ils conservent leurs obligations jusqu'à maturité.

Le phénomène n'est du reste pas nouveau. En février dernier, l'Allemagne a vendu des obligations sur cinq ans avec un rendement négatif (-0,08 %). Aujourd'hui, toutes les obligations allemandes du marché secondaire dont la maturité est inférieure à sept ans présentent un rendement négatif. Le rendement de l'obligation à dix ans, quant à lui, est d'à peine 0,31 %.

Outre certaines parties de la zone euro, le Japon, le Danemark, la Suède et la Suisse offrent un rendement négatif sur leur dette. En réalité, quelque 25 % de l'indice « BofA ML Euro Government » par volume présentent actuellement un rendement négatif.

Pourquoi acheter une obligation à rendement négatif et pourquoi les récentes ventes d'obligations par l'Allemagne et l'Irlande ont-elles connu une sur-souscription ? En cas de déflation, acheter une obligation avec rendement négatif paraît sensé. La chute des prix du pétrole a inversé les indices du coût de la vie tout autour de la planète. Dans de larges parties de l'Europe, les prix à la consommation ont baissé au cours des douze derniers mois écoulés, et certains analystes estiment que le Japon leur emboîtera bientôt le pas.

La prudence reste néanmoins de mise, et penser que la déflation va durer longtemps pourrait s'avérer une erreur. Les indices économiques de la zone euro se sont améliorés sous l'effet de la baisse des prix du pétrole, du déclin de l'euro et d'un certain relâchement des conditions fiscales. L'assouplissement quantitatif, lancé par la Banque centrale européenne, pour sa part, semble aiguillonner la croissance.

Par conséquent, la crainte de voir l'Europe entraînée dans une spirale déflationniste comme celle qu’a connue le Japon pendant la « décennie perdue » des années 1990 pourrait être injustifiée. La résurgence de l'inflation pourrait donc rapidement mettre un terme au phénomène des obligations à rendement négatif.