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Macro-économie

11 juin 2014

L'AUDACE DE DRAGHI 

Le 5 juin dernier, la Banque centrale européenne a fait froncer maints sourcils en annonçant qu'elle avait ajouté des taux d'intérêt négatifs à son arsenal de lutte contre la déflation.

Dans le cadre d'une série de mesures ayant pour but d'augmenter le taux d'inflation et d'inciter les prêts à l'économie réelle, la BCE a indiqué qu'elle allait imposer une taxe annuelle de 0,1% sur les fonds déposés chez elle au lieu de verser des intérêts aux banques dépositaires. L'idée sous-jacente est que les établissements bancaires préféreront recevoir des intérêts d'emprunteurs plutôt que payer pour le privilège de déposer leurs liquidités auprès de la BCE.

Le problème actuel est que l'inflation annuelle en Europe est à peine supérieure à zéro, ce qui reste bien en dessous de l'objectif de 2 % annoncé par la BCE. L'économie européenne, toujours ralentie, risque aujourd'hui la déflation, une situation dans laquelle les individus et entreprises préfèrent accumuler des liquidités plutôt que les dépenser parce qu'ils anticipent une baisse des prix. Ce type de comportements entraîne une réduction de l'activité économique et tire les prix vers le bas.

La Banque Centrale Européenne n'est pas allée jusqu'à prendre des mesures d'achats d'actifs (ce que l'on appelle assouplissement quantitatif) comme l'ont fait la Bank of England ou la Réserve Fédérale américaine, afin d'offrir des liquidités au secteur bancaire dans l'espoir que cela l'encourage à prêter. Alors que ces deux banques centrales réduisent progressivement l'expansion monétaire à mesure que leur économie repart à la hausse, la BCE cherche des méthodes pour relancer l'activité alors que l'économie de la zone euro cafouille en cette année 2014.

En 2012, Mario Draghi, le président de la BCE, avait restauré la confiance des investisseurs en déclarant que la BCE ferait tout ce qui était nécessaire pour sauver l'euro. La semaine dernière, il a promis un engagement similaire pour prévenir la déflation.

Les économistes sont divisés sur la question de savoir si des taux d'intérêt proches ou inférieurs à zéro seront suffisamment efficaces pour relancer l'économie de la zone euro. Si cela n'est pas le cas, Draghi a déjà annoncé qu'il était bien décidé à trouver d'autres mesures pour y parvenir.