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Macro-économie

27 octobre 2015

Thermostat économique 

Ces dernières années, des scientifiques ont cherché à mesurer le lien entre le climat et la croissance économique. Leurs travaux ont notamment fait apparaître que le revenu national diminuait en moyenne de 8,5 % par degré.

Désormais, même la productivité a une température optimale. Des chercheurs de l’université de Stanford ont en effet corrélé température et évolution du PIB de 166 pays entre 1960 et 2010. Ils ont constaté que la température à laquelle les pays produisent le plus de richesse est 13°C. C’est ce qui ressort d’une récente étude publiée dans la revue scientifique Nature.

Au-delà, la productivité de l'économie  « décline fortement ». Selon les chercheurs, un climat très chaud nuit non seulement aux productions agricoles mais aussi aux performances et à la santé des travailleurs.

Ce chiffre montre à quel point les pays du Nord sont avantagés dans la compétition climato-économique. Si la France (avec 12,6°C en moyenne) et les États-Unis (12,7°C) enregistrent des températures proches du nombre d’or de la productivité, l’Inde et le Nigeria oscillent entre 25 et 30°C.

Pour les pays au climat froid comme la Suède ou le Canada, chaque degré supplémentaire se rapprochant du seuil fatidique se traduira à l’avenir par un gain de richesse. À l’inverse, pour les nations du Sud, chaque degré supplémentaire amenuisera davantage leur PIB.

Sachant que la température moyenne à la surface des terres et des océans est à présent de 14,59°C, cela donne à penser que l’économie de la planète est déjà en surchauffe.

Selon les chercheurs, si le réchauffement climatique continue à son rythme actuel, nous nous dirigeons vers une perte de productivité globale de la planète de 23 %. Pire, les inégalités se creuseront : les 20 % des pays les plus riches (et froids) continueront à enregistrer de gains tandis que le revenu moyen des 40% des pays les plus pauvres (et chauds) baissera de 75%.

Cette étude est la première à dépasser les répercussions environnementales certaines du réchauffement de la planète et à mettre en lumière la relation entre l’activité économique et le climat dans toutes les régions du globe, ou comment le changement climatique pourrait appauvrir le monde.

À quelques semaines de la conférence de Paris sur le Climat, qui réunira près de 50 000 participants, cette nouvelle étude devrait d’autant plus convaincre les nations développées de trouver un compromis avec les pays du Sud afin d’éviter ces conséquences économiques graves entraînées par une montée de la colonne de mercure.