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Opportunités émergentes

Ces vingt dernières années, les origines des diverses crises financières internationales ont oscillé entre marchés émergents et marchés développés.

Avec la crise du peso mexicain en 1994, suivie par l’Asie de l’Est en 1997, la Russie en 1998 et l’Argentine à l’arrivée du nouveau millénaire, les marchés émergents détiennent un bon pedigree en matière de mauvaise gestion financière.

Plus récemment, depuis l’éclatement de la bulle internet en 2001, ce sont les économies occidentales qui se sont fait remarquer, en volant la vedette aux marchés émergents, avec la crise financière mondiale de 2007 - 2008.

Sur cette même période, l’appétit des investisseurs pour les dettes souveraines – de marchés émergents et développés – n’a cessé de croître et décroître, en fonction du risque perçu (dans le premier cas) et des taux d’intérêts (dans le second).

Etant donné que le taux de référence court terme de la Réserve fédérale américaine a avoisiné le zéro depuis fin 2008, il n’est pas surprenant que les ventes de bons du Trésor soient restées relativement atones ces dernières années. Au même moment, la crise de la dette souveraine européenne rendait les obligations publiques encore moins intéressantes.

Malgré quelques poches d’instabilité dans des pays tels que l’Ukraine ou la Turquie, les marchés émergents sont perçus aujourd’hui comme moins risqués qu’il y a quelques années. De même, alors que les taux de croissance des marchés émergents n’ont pas encore retrouvé leur performance d’avant crise, ils dépassent tout de même ceux des marchés développés.

Tout est à présent en place pour que les obligations de marchés émergents soient envisagées comme des opportunités intéressantes pour les investisseurs cherchant à diversifier leur portefeuille.  En effet, neuf des dix fonds les plus performants des marchés émergents ont à ce jour une certaine exposition aux obligations.

Une série de facteurs simultanés ont mis un terme à dix années de consolidation, obligeant les marchés émergents à lutter pour attirer des investisseurs étrangers et des demandes d’exportation, ainsi qu’à relever leurs taux d’intérêts pour repousser l’inflation.

Aujourd’hui, les marchés émergents, avec des niveaux de dette gérables, inférieurs à ceux de beaucoup des pays développés, proposent cependant des investissements plus modérés, dans un environnement connu pour ses extrêmes, où le couple risque/rendement est favorable. Un niveau élevé d’endettement privé conclura l’affaire en attirant les investisseurs vers les obligations.

Les banques centrales dans bon nombre de pays en voie de développement ont montré leur volonté de contrer l’inflation, en partie due à la diminution des taux de change ces derniers mois, en mettant en place des politiques d’austérité. Pour les obligations des marchés émergents, on s’attend à des rendements nettement supérieurs aux obligations souveraines et à haut rendement des pays développés.

Les obligations en monnaie forte des marchés émergents offrent un deuxième niveau de protection, ce qui permet aux investisseurs d’éviter les risques associés aux devises locales, comme par exemple la dévaluation nécessaire pour rétablir l’équilibre bilantaire actuel.

Un autre élément qui pousse au transfert vers les marchés émergents est ce qu’on appelle le « dividende démographique » : avec des populations jeunes et des taux de croissance élevés, les marchés émergents abritent déjà plus de 80 % de la population mondiale. D’ici 2025, un autre milliard de personnes seront nées, presque toutes dans les marchés émergents.

Des ressources naturelles abondantes, qui comprennent environ 90 % des réserves mondiales de pétrole connues, représentent un moteur supplémentaire de croissance à long terme, renforçant le commerce Sud-Sud  toujours croissant.

Néanmoins, tous les marchés émergents ne sont pas créés de la même manière. L’Amérique latine, par exemple, de par sa proximité avec les Etats-Unis et les hauts rendements, bénéficiera très tôt de l’intérêt étranger pour les dettes souveraines – intérêt qui ne viendra cependant pas de l’Europe.

Des déficits sur les comptes courants négligeables (par rapport aux réserves de devises étrangères) et toutes les importantes liquidités disponibles dans la région rendent le couple risque/rendement plus intéressant que dans les marchés de titres d’emprunt « cross-over » et à rendement élevé.

Les emprunteurs des marchés émergents – dont les émetteurs souverains et les émetteurs de dette d’entreprise – ont levé tout juste 100 milliards de dollars de dette au premier trimestre de cette année, montant légèrement inférieur à la même période en 2013. Tout porte à croire cependant que, comme les investisseurs continuent de chercher des meilleurs rendements, ils se tourneront de plus en plus vers les obligations des marchés émergents.


Monsieur Doran est Chief Strategist au sein de Brown Shipley, filiale anglaise de KBL European Private Bankers. Le contenu de cet article et les points de vue énoncés sont ceux de l’auteur à la date d’écriture de ce document et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est d’ordre général et ne constitue en aucun cas un conseil juridique, comptable, fiscal ou en investissement.