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SMALL IS BEAUTIFUL

Lorsqu’il s’agit d’investir, les petites capitalisations sont souvent une aubaine

Comme l’a démontré le prix Nobel d’économie, Eugène Fama, les actions de petites capitalisations (« small caps ») se révèlent, à long terme, plus performantes que les grandes. Ainsi, depuis 1926, les petites capitalisations américaines ont surperformé les grandes de presque 2,4 % en moyenne annuelle.

Il y a cependant des risques inhérents à l’investissement dans les sociétés de petites capitalisations.

Le risque premier est la volatilité ; particulièrement au cours d’une période de ralentissement économique, les petites capitalisations ont souvent tendance à générer un rendement inférieur aux grandes. En effet, plus la période d’investissement est courte, plus la volatilité est élevée pour les indices « small caps ».

Cela n’est pas surprenant au regard des caractéristiques des petites et moyennes entreprises (PME) : des sociétés comptant moins de 250 employés et un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros.

Les PME sont, par nature, plus dépendantes de leur économie domestique. Les conditions de marchés, parfois même à un niveau très local, peuvent ainsi avoir un impact amplifié sur les PME. Les fluctuations des marchés financiers peuvent ainsi chahuter les petites capitalisations qui sont de facto moins liquides et ont donc tendance à être plus vulnérables aux chocs macro et microéconomiques.

Les petites capitalisations sont, par définition, presque toujours en phase d’investissement et de croissance, période risquée s’il en est pour toute entreprise et particulièrement critique pour celle de petite taille qui peut rencontrer des difficultés dans ses levées de fonds.

De la même façon, le manque d’analyse et de recherche sur les « small caps » peut être un frein pour l’investisseur. C’est d’ailleurs une des problématiques rencontrées par les petits entrepreneurs avant l’introduction en bourse de leur société : réussir à « vendre » leur modèle économique à une communauté d’investisseurs parfois sceptiques.

Même si presque toutes les valeurs phares de la cote ont d’abord été des PME, investir dans une petite entreprise peut parfois relever du pari. La donne change lorsque l’investissement est fait, non pas sur une seule petite entreprise, mais sur tout un portefeuille de PME... à long terme.

C’est exactement ce à quoi se référait Monsieur Fama lorsqu’il employa l’expression : « l’effet small cap ». Concrètement, aucune autre classe d’actifs n’a généré autant de valeur dans la durée.

Voilà pourquoi nous sommes enthousiastes concernant les futures performances des petites capitalisations, enthousiasme conforté par les solides perspectives de cette classe d’actifs pour les deux prochaines années. En effet, la croissance des bénéfices par actions des petites entreprises est attendue bien supérieure à celle des grandes.

Ce potentiel de croissance et cette création de valeur sont réalisables grâce à des entrepreneurs visionnaires, qui misent sur l’innovation pour développer leur société, qui partagent avec leurs collaborateurs une forte culture d’entreprise dans un environnement souvent peu concurrentiel, du moins au début.

Ce capitalisme, souvent familial, permet une transmission de l’excellence, gage d’une pérennité transgénérationnelle. Il garantit également une convergence des intérêts vers cette création de valeur et fait office de garde-fou dans la gestion des risques. De plus,  si la société est cotée en Bourse, les chefs d’entreprise-fondateurs détiennent généralement une grande partie des actions de leurs propres sociétés – ce qui entraîne une plus forte adhésion aux objectifs de croissance à long terme de l’entreprise.  

En Allemagne, par exemple, les PME sont depuis des décennies l’un des pivots de l’avantage compétitif allemand. Les allemands ont su tisser un formidable vivier d’entreprises familiales indépendantes de taille moyenne : le Mittelstand. Les facteurs clés de leur succès sont un positionnement de niche haut de gamme et la priorité donnée à l’innovation.

Les PME ne sont pas en reste en France où les autorités multiplient les financements publics et les initiatives réglementaires pour favoriser leur développement. La récente création du Plan d'épargne en actions pour les PME (le PEA-PME), devrait apporter des liquidités aux PME, les aidant ainsi dans leur financement.

Ce régime permet à des particuliers d’investir jusqu’à 75 000 euros dans des entreprises de l’Union Européenne – cotées ou non - de moins de 5 000 salariés, ayant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliards d’euros ou un bilan total inférieur à 2 milliards d’euros. Si cet investissement est maintenu pendant au minimum cinq ans, les plus-values réalisées ne sont pas imposées.

Selon certaines estimations, l’introduction du régime de PEA-PME pourrait générer jusqu’à 2,5 milliards d’euros de liquidités supplémentaires pour les PME. Cela pourrait entraîner des créations d’emplois, essentielles dans un pays où le taux de chômage stagne autour de 10 %.

L’entrepreneur doit convaincre que son entreprise est capable de s’adapter au changement, un des plus grands défis  auxquels les petites entreprises doivent faire face.

Dans cet esprit, Peter Drucker, théoricien du management, insistait sur la nuance entre une petite entreprise et une entreprise vraiment entrepreneuriale. « L’entrepreneur est toujours à la recherche de changement. Il réagit au changement et le considère comme une opportunité. »


Clémence Bounaix est Gérante de fonds au sein de la banque privée parisienne KBL Richelieu, membre de KBL European Private Bankers. Le contenu de cet article et les points de vue énoncés sont ceux de l’auteur à la date d’écriture de ce document et sont susceptibles d’être modifiés. Cet article est d’ordre général et ne constitue en aucun cas un conseil juridique, comptable, fiscal ou en investissement.